• Caroline Guette-Marsac

Comment valoriser ses déchets de taille ?

Le regard en matière de jardin connaît une belle métamorphose ces dernières années. La permaculture et sa démocratisation y sont pour beaucoup. Ainsi, pendant longtemps, les jardiniers (et la société en général) se focalisaient sur la gestion des « mauvaises herbes ». A présent, tout amateur un peu éclairé parlera d’ « herbes folles » dont nous avons tant à ré-apprendre (car il n’est pas ici question de faire de nouvelles découvertes… mais plutôt d’exhumer des savoirs perdus). Nous redécouvrons ainsi les vertus culinaires, aromatiques, médicinales des herbes folles, tout comme nous nous félicitons de leurs vocations à recréer des écosystèmes : multiplication des prairies naturelles, gestion différenciée des espaces verts…

De même, la gestion des « déchets » est désormais une problématique quotidienne pour chacun d’entre nous, que ce soit à la maison ou dans le jardin. D’ailleurs, devons-nous encore parler de « déchets »… car il est, en réalité, davantage de question de « matières valorisables » (bien que le terme soit un peu trop connoté à mon goût), … le tout étant de trouver comment valoriser ?


Quid des déchets de taille ?


Forts de la résurgence de ces idées… quelles méthodes proposer pour la gestion des déchets issus de l’entretien des haies, des arbres ?

Pendant longtemps, la réponse était toute trouvée : charger la remorque et en route pour la déchetterie ! … et parfois pire : amasser tous les branchages au fond du jardin… et allumer un grand feu… Rien que l’imaginer paraît tellement choquant aujourd’hui !

Depuis, un certain nombre de jardiniers(ères) s’est mis au broyage des branchages et au compostage des feuilles. Mais avez-vous déjà pensé à confectionner des clôtures dans votre jardin ? N’avez-vous pas un élément un peu disgracieux à masquer ? (des poubelles, un compost, une cuve de récupération des eaux pluviales…) N’avez-vous pas un espace à cloisonner ? Chez moi, c’était le jardin des poules que je voulais séparer de mon espace potager.

Le système est enfantin et ne nécessite aucun frais (mis à part éventuellement l’achat de fers tors ou de poteaux bois) : mettez en place les fers ou les poteaux de manière à réaliser deux alignements parallèles (les espacements sont à ajuster suivant la dimension de vos branchages, suivant l’épaisseur et la hauteur que vous souhaitez donner à votre clôture), couchez vos branchages (avec ou sans feuille) à même le sol, superposez tant que vous avez des branchages (cf. photos ci-dessous).

Exemple d'utilisation de branchages pour la confection d'une clôture

(photographies : C. Guette-Marsac)


Il n’y a plus qu’à alimenter le système au fur et à mesure des tailles !

Finie la corvée de l’évacuation des branchages… et bienvenue à tout un écosystème qui saura profiter de cet édifice.


Les haies de Benjes


Ce petit système peut être poussé plus loin : on parle alors de « haie de Benjes ».

Le principe de base reste le même, avec une structure un peu plus costaude et une largeur d’ouvrage plus conséquente. Les branchages sont enrichis avec des racines, des troncs… La hauteur de l’ensemble est limitée à 1 m.

Les graines contenues dans les déjections des petits visiteurs de la structure (mammifères, oiseaux, etc.) ensemenceront l’amas de branchages avec les graines d’espèces végétales environnantes. A moyen terme, se constituera une haie composée des espèces végétales des alentours.

Belle perspective non ?


Pour celles et ceux que ça intéresse, je vous encourage à lire l’article suivant, sur un site «concurrent» : Construction d’une haie de Benjes.


Bonne lecture !

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